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Renforcement du bonus à l’emploi depuis le 1er avril 2022 !
La réduction de cotisations sociales personnelles « bonus à l’emploi » permet aux travailleurs à « bas salaires » de bénéficier d’un salaire net plus élevé, sans augmentation de la rémunération brute.
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Malades de longue durée : cotisation de responsabilisation pour les grandes entreprises
Actuellement, environ 75 % des trajets de réintégration des travailleurs malades de longue durée débouchent in fine sur une rupture du contrat pour force majeure médicale. Ce constat étant loin de correspondre aux objectifs de réintégration initialement fixés en 2016, les autorités ont récemment pris deux initiatives pour tenter d’inverser la tendance.
La première concernait l’aide de « coaches de retour au travail » de la mutualité pour accompagner le travailleur absent de longue durée afin de faire les démarches possibles et nécessaires en vue de réintégrer le marché du travail.
La deuxième concerne l’instauration d’une cotisation de responsabilisation pour certains employeurs.
Employeurs concernés
Les employeurs occupant en moyenne plus de 50 travailleurs et qui ont un flux excessif de travailleurs en incapacité de travail entrant en invalidité (après un an), devront payer une cotisation de responsabilisation.
Concrètement, le rapport sera établi entre le taux d’emploi de l’entreprise concernée et son « score » d’entrées en invalidité des quatre derniers trimestres vis-à-vis des entreprises appartenant au même secteur (sur base de Code NACE) et vis-à-vis du secteur privé en général.
Pour la détermination du flux de travailleurs entrant en invalidité, seuls les travailleurs de 18 à moins de 55 ans, au moment de la survenance de l’incapacité de travail primaire, et comptabilisant au moins 3 ans d’ancienneté ininterrompue dans l’entreprise entreront en considération, à l’exclusion des travailleurs qui reprennent progressivement le travail (ex. mi-temps médical).
Les employeurs dont la moyenne des entrées de travailleurs en invalidité évolue défavorablement en seront informés de manière proactive par l’Office national de sécurité sociale.
Cotisation
Cette cotisation trimestrielle s’élèvera à 0,625% du salaire du trimestre précédent.
Le prélèvement sera effectué par l’ONSS et sera reversé au Fonds de sécurité d’existence du secteur en vue de la mise sur pied de mesures préventives en matière de santé et sécurité au travail et/ou des mesures en matière de réintégration durable des malades de longue durée.
Entrée en vigueur
Ces dispositions concernent les périodes d’invalidité à partir du 1er janvier 2022 mais la première perception effective de la cotisation de responsabilisation ne pourra se faire qu’en 2023, étant donné qu’elle se base sur une comparaison des 4 derniers trimestres.
A quoi s’attendre d’autre ?
D’autres mesures verront le jour dans les mois à venir, notamment :
- la modification en profondeur du trajet de réintégration professionnelle
- la dissociation plus marquée, au niveau des conditions, entre la rupture du contrat de travail pour force majeure et le trajet de réintégration
- la mise en place d’exceptions à la règle du tiers-temps et au bloc de prestation minimal de 3 heures en cas de reprise progressive du travail.
Nous ne manquerons pas de vous tenir informés.
Source : Loi-programme du 27 décembre 2021 (M.B. 31.12.2021)
Indemnité forfaitaire de bureau : l'équivalent d'un jour de travail
Un employeur peut octroyer aux travailleurs qui pratiquent le télétravail de manière structurelle et sur une base régulière pendant une partie substantielle de leur temps de travail une indemnité forfaitaire de bureau de 134,71 euros par mois.
Télétravail structurel
Le télétravail structurel concerne le télétravail effectué sur une base régulière et non sur une base occasionnelle.
Le télétravail ne peut être imposé aux travailleurs. Les travailleurs et les employeurs peuvent le faire volontairement.
Une convention écrite doit être établie pour chaque travailleur qui a recours au télétravail. Cette convention doit être établie pour chaque travailleur individuellement et avant le début du télétravail. Cette convention est jointe au contrat de travail.
Équipements
L’employeur est responsable de la fourniture, de l’installation et de l’entretien de l’équipement et de l’infrastructure nécessaires au télétravail.
Le travailleur peut également utiliser son propre équipement. Dans cette situation, l’employeur est tenu de supporter les coûts d’installation des programmes informatiques, les coûts de fonctionnement et les coûts d’amortissement et d’entretien.
En outre, l’employeur doit fournir une assistance technique au travailleur. En cas de panne ou de défaillance, le travailleur doit donc pouvoir faire appel à une assistance informatique.
Indemnités
Le 26 février 2021, le fisc a publié une circulaire clarifiant le remboursement par l’employeur des frais de bureau engagés par le travailleur et la mise à disposition d’équipements bureautiques/informatiques.
Un employeur peut octroyer une indemnité forfaitaire de bureau aux travailleurs qui effectuent du télétravail de manière structurelle et sur une base régulière pendant une partie substantielle de leur temps de travail.
Il s’agit, par exemple, des équipements suivants :
- l’utilisation d’un espace de bureau au domicile du travailleur ;
- le matériel d’impression et le matériel informatique (papier, clé USB, tapis de souris, encre, etc.) ;
- les fournitures de bureau (dossiers, blocs de cours, etc.) ;
- les fournitures de base comme l’eau, l’électricité, le chauffage ;
- l’entretien ;
- l’assurance ;
- le précompte immobilier ;
- le café, l’eau, les en-cas.
L’indemnité forfaitaire de bureau s’élève à 134,71 euros par mois (montant valable à compter du 1er février 2022).
Par télétravailler « de manière structurelle et sur une base régulière » l’on entend l’équivalent d’un jour de travail par semaine. Le fisc évalue ce critère sur une base mensuelle. Tant l’ONSS que le fisc considèrent que « l’équivalent d’un jour de travail par semaine sur une base mensuelle » est d’environ 8 heures par semaine, aussi bien pour les travailleurs à temps plein que pour les travailleurs à temps partiel. Nous pouvons illustrer cela à l’aide des exemples suivants :
- Exemple n° 1 :
Un travailleur à temps plein avec l’horaire suivant télétravaille tous les vendredis (journée de travail de 6 h) :
Lundi | Mardi | Mercredi | Jeudi | Vendredi | Samedi | Dimanche |
8 h | 8 h | 8 h | 8 h | 6 h (TLT) | / | / |
S’il s’agit d’un régime de travail normal, l’équivalent d’un jour de travail par semaine n’est pas atteint et la condition de télétravail structurel sur base régulière n’est pas remplie.
- Exemple n° 2 :
Un travailleur à temps partiel avec l’horaire suivant télétravaille le mercredi (journée de travail 6 h) :
Lundi | Mardi | Mercredi | Jeudi | Vendredi | Samedi | Dimanche |
6 h | 6 h | 6 h (TLT) | 3 heures | / | / | / |
S’il s’agit d’un régime de travail normal, l’équivalent d’un jour de travail par semaine n’est pas atteint et la condition de télétravail structurel sur base régulière n’est pas remplie.
Si l’équivalent d’un jour de travail par semaine n’est pas atteint, aucune indemnité forfaitaire de bureau exonérée de cotisations ONSS et de précompte professionnel ne peut être accordée au travailleur. Le remboursement des frais ne peut alors être considéré comme un remboursement des frais non imposable que si une double preuve est apportée que le remboursement sert à couvrir les frais propres de l’employeur et qu’il est effectivement dépensé à cet effet.
Ce qui précède ne concerne que l’indemnité forfaitaire de bureau. La condition de l’équivalent d’un jour de travail par semaine ne s’applique pas à :
- l’indemnité forfaitaire pour l’utilisation professionnelle d’une connexion internet et d’un abonnement privés (20 euros par mois) ;
- l’indemnité forfaitaire pour l’utilisation d’un ordinateur privé (20 euros par mois), d’un deuxième écran et/ou d’un scanner/une imprimante privés (5 euros par objet par mois) ;
- la mise à disposition par l’employeur de mobilier de bureau et matériel informatique.
Source : Avis écrit de l’ONSS et du SPF Finances.
Inondations de juillet 2021 : nouveautés en matière de chômage temporaire à partir du 1er avril 2022
Suite aux inondations qui ont touché certains régions du pays les 14 et 15 juillet 2021, l’ONEM acceptait jusqu’à présent que toutes les situations de chômage temporaire qui en résultaient soient déclarées comme chômage temporaire pour force majeure.
Les choses vont en partie changer à partir du 1er avril 2022.
Principe
Le chômage temporaire peut seulement être demandé si les conditions suivantes sont respectées :
- L’exécution du travail est totalement impossible. Cette condition n’est notamment pas respectée lorsque le travailleur est en mesure de télétravailler.
- L’exécution du travail est seulement temporairement impossible. Cela n’est pas ou plus le cas s’il s’avère que l’employeur a décidé de ne pas reprendre les activités de l’entreprise ou que le travailleur a déménagé de façon définitive dans un endroit qui l’empêche raisonnablement d’envisager de reprendre un jour ses activités chez l’employeur.
- Aucun travail de remplacement (ex. travaux administratifs ou de rangement) n’est envisageable.
- Le travailleur n’avait pas déjà pris congé ou une récupération pour les jours concernés par le chômage temporaire, sauf si la prise de ces congés était justifiée par les inondations elles-mêmes, avant même que la possibilité de chômage temporaire n’ait été instaurée par les autorités.
- Le travailleur n’a droit à aucun salaire, à quelque titre que ce soit (ex. droit aux heures perdues sur base de l’article 27 de la loi du 3 juillet 1978 sur les contrats de travail ou en cas de télétravail interrompu pour force majeure sans qu’il n’y ait d’impossibilité de venir prester sur le lieu de travail habituel).
- Il est impossible pour le travailleur d’atteindre le lieu de travail, de quelque façon que ce soit.
Nouveauté
Depuis le 1er août 2021, dans sa déclaration de chômage temporaire à l’ONEm, l’employeur était tenu de mentionner l’un des deux motifs suivants de force majeure, selon que le travailleur ou l’entreprise était principalement touché :
- « Lieu de résidence du travailleur situé dans une zone affectée »
- « Lieu d’occupation situé dans une zone affectée »
A partir du 1er avril 2022, seul le deuxième motif ci-dessus pourra encore entrer en ligne de compte. A l’avenir en effet, soit au-delà du 31 mars 2022, il ne sera plus possible de recourir au système du chômage temporaire pour force majeure lorsque l’impossibilité de travailler est liée au lieu de résidence du travailleur (ex. pertes ou des dégâts sévères encourus par le travailleur qui doit donner la priorité à la recherche d’un nouveau logement, au nettoyage ou à la réparation de son habitation, au règlement de son dossier de sinistres ou à la recherche de moyens de transport alternatifs).
L’employeur pourra uniquement continuer à introduire des demandes de chômages temporaires pour force majeure lorsque l’impossibilité de travailler est liée au lieu de travail (ex. entreprise touchée ou détruite par les inondations).
Procédure inchangée
La procédure et les éléments à fournir par l’employeur restent quant à eux identiques avec notamment la durée prévisible de la force majeure (max. 3 mois par déclaration) et une description des circonstances concrètes.
Signalons encore que pour la période comprise jusqu’au 30 juin 2022, le fait qu’un chômeur ou un travailleur en interruption de carrière ou en crédit-temps réside chez un membre de sa famille ou chez des amis n’a pas d’incidence :
- sur la catégorie familiale à laquelle le chômeur appartient ;
- sur la catégorie familiale des autres personnes avec lesquelles il cohabite temporairement.
Depuis le 1er octobre 2021, les travailleurs qui ont perdu leur adresse de résidence fixe et qui sont temporairement allés habiter ailleurs doivent demander le maintien de leur situation familiale en introduisant une déclaration (C110-Inondations) auprès de leur organisme de paiement.
Source : Site ONEm
Nouveau montant unique du RMMMG à partir du 1er avril 2022 !
À partir du 1er avril 2022, il n’y aura plus qu’un seul salaire minimum interprofessionnel en vigueur pour tous les travailleurs à partir de 18 ans. Le CNT relève en outre le RMMMG de 1.625,72 euros à 1.806,16 EUR. C’est ce que prévoit la CCT n° 43/16 du 9 mars 2022 modifiant la CCT n° 43 du 2 mai 1988 relative à la garantie d’un revenu minimum mensuel moyen.
Le montant de 1.806,16 EUR se compose, d’une part, du montant actualisé du RMMMG tel que déterminé avant son augmentation au 1er avril 2022 (soit 1.725,21 EUR) et, d’autre part, du montant dont le RMMMG est augmenté à partir du 1er avril 2022 conformément à la première étape du cadre d’accords du 25 juin 2021, indexé sur la base des dépassements de l’indice pivot survenus entre le 1er juillet 2021 et le 1er avril 2022 inclus (soit 80,95 EUR).
Dès le 1er avril 2022, le montant de 1.806,16 EUR s’appliquera à tous les travailleurs âgés de 18 ans et plus. Le CNT supprime en effet les conditions d'âge et d'ancienneté prévues dans la CCT n° 43, qui sont toujours d’application.
Source: Convention collective de travail n°. 43/16 modifiant la convention collective de travail n° 43 du 2 mai 1988 relative à la garantie d’un revenu minimum mensuel moyen.
Mesure Tremplin 24 mois + en Région Wallonne : pérennisation et assouplissements en vue !
Durant la crise sanitaire, la mesure Tremplin 24 mois + avait été mise sur pied dans 14 secteurs où le manque de personnel était criant (maisons de repos, horeca, accueil de l'enfance, commerces de proximité,..). Elle visait à permettre, en Région Wallonne, l’engagement de demandeurs d’emploi de longue durée tout en bénéficiant d’une subvention de 1.000 EUR par mois durant 24 mois.
Le Gouvernement wallon annonce que sous peu, la mesure sera étendue à tous les secteurs et que seules 3 conditions d’octroi subsisteront, à savoir que le demandeur d’emploi inoccupé devra :
- avoir sa résidence principale en région wallonne de langue française ;
- être inscrit au Forem comme demandeur d’emploi inoccupé ;
- être inoccupé depuis au moins 24 mois (la veille de l’engagement).
Les autres conditions resteront inchangées. La subvention sera dorénavant disponible pour 1200 équivalents temps plein, au lieu de 600 pour l’année 2021.
Cumulée au dispositif « lmpulsion » (pour les personnes inoccupées depuis plus d'un an), la mesure Tremplin 24 mois + permet à l'employeur de recevoir une aide totale pouvant s'élever jusqu'à 20.250 € sur 2 ans.
Votre demande doit être introduite en ligne sur le site du Forem.
Les nouvelles mesures doivent encore être confirmées par un texte légal publié au Moniteur belge.
Source
Communiqué de presse du Gouvernement wallon
N'oubliez pas la passage de l'heure d'hiver à l'heure d'été ce 27 mars 2022 !
Le dimanche 27 mars 2022, nous passerons à l’heure d’été. A 2 heures du matin, il conviendra d’avancer les pendules d’une heure : il sera en réalité 3 heures.
Plusieurs entreprises étant directement impactées par ce changement d’heure, profitons-en pour nous remémorer le contenu de la convention collective interprofessionnelle (CCT) n°30 du 28 mars 1977 qui règle les problèmes relatifs à la rémunération des travailleurs en équipes qui ne sont pas rémunérés via un forfait mensuel.
Principe n°1
Lorsque l’organisation du travail le permet, le roulement des équipes doit être aménagé de manière telle que l’équipe qui prestera moins que l’horaire journalier normal (en l’occurrence 7 heures) lors du passage de l’heure d’hiver à l’heure d’été en date, dans le cas présent, du dimanche 27 mars 2022 soit celle qui prestera plus que l’horaire journalier normal en octobre prochain, lors du passage de l’heure d’été à l’heure d’hiver.
Dans ce cas de figure idéal, les travailleurs concernés seront par deux fois rémunérés pour 2 journées normales de 8 heures de travail, la rémunération moins favorable perçue en octobre étant « compensée » par une rémunération identique, mais pour une heure de travail en moins, en mars.
Principe n°2
Lorsque l’organisation du travail ne permet pas cette continuité entre les équipes et qu’au contraire, des travailleurs ne font, au final, partie que d’une seule des deux équipes de nuit concernées par le changement d’heure, on appliquera les règles suivantes :
- les travailleurs qui auront presté 7 heures lors du passage à l’heure d’été le 27 mars prochain recevront une rémunération correspondant à 8 heures de travail de l’équipe de nuit du samedi au dimanche ;
- les travailleurs qui seront occupés 9 heures lors du passage à l’heure d’hiver, le 30 octobre 2022, seront rémunérés à concurrence des heures effectivement prestées, soit une heure de plus qu’en temps normal.
Source : CCT n°30 du 28.03.1977 concernant les problèmes de rémunération de certains travailleurs à l'occasion des passages aux heures d'été et d'hiver (ratifiée par l'AR du 16 juillet 1998, paru au MB du 11 août 1998).
Prolongation des mesures « Corona » jusqu’au 30 juin 2022 et extension à la guerre en Ukraine
Au sein du « Kern » du 14 mars 2022, le Gouvernement fédéral a décidé de prolonger la procédure simplifiée de mise en chômage temporaire pour force majeure pour la période du 1er avril 2022 au 30 juin 2022.
Cette procédure sera d’application non seulement en cas de chômage temporaire du au coronavirus mais également (nouveauté) à celui lié à la guerre en Ukraine.
Dans un souci de simplification, l'intégralité du chômage temporaire dû à l’épidémie de coronavirus ou au conflit en Ukraine (également s’il est situé avant le 1er avril 2022) peut être considéré jusqu'au 30 juin 2022 inclus comme du chômage temporaire pour force majeure Corona.
Suspension complète ou partielle
L’exécution du contrat de travail peut être suspendue :
- soit complètement (ex. en raison d’une quarantaine obligatoire d’un travailleur qui n’est pas malade ou à cause d’une pénurie totale de matières premières à la suite d’un embargo commercial imposé) ;
- soit partiellement (ex. en raison de la perte d’une partie du marché des ventes ou de la restriction de la production due aux prix élevés de l’énergie). Dans ce cas, le travailleur peut encore travailler certains jours par semaine.
Formalités pour l’employeur
L’employeur doit seulement effectuer, chaque mois, une DRS scénario 5, dans laquelle il mentionne :
- le type de chômage temporaire : « force majeure » ;
- la raison de la force majeure : « coronavirus » ou « Ukraine » ;
- le code « nature du jour » : code 5.4.
Il ne doit par contre pas effectuer de DRS scénario 2 ni envoyer de communication de chômage temporaire pour force majeure liée au Corona ou à l'Ukraine à l'ONEM.
Jusqu'au 30 juin 2022 inclus, l'employeur n'est plus tenu de délivrer une carte de contrôle C3.2A aux travailleurs mis en chômage temporaire, et ce, quel que soit le motif du chômage temporaire (donc pas non plus si le travailleur est mis en chômage temporaire pour cause d’intempéries).
Formalités et indemnisation du travailleur
Le travailleur qui introduit une demande d’allocations le fera via le formulaire simplifié C3.2-Travailleur-Corona (et la DRS scénario 5) jusqu’au 30 juin 2022. Ce formulaire est disponible sur le site des organismes de paiement (CAPAC, CSC, FGTB, CGSLB).
Le travailleur ne doit par ailleurs pas remplir les conditions d’admissibilité (passé professionnel) pour être indemnisé, ni être en possession d’une carte de contrôle C3.2A.
L’allocation de chômage temporaire pour force majeure reste fixée à 70 % du salaire plafonné (2.955,69 EUR par mois) jusqu’au 30 juin 2022. Un supplément de 5,98 EUR par jour (montant au 01.03.2022) est en outre versé par l’ONEm. Le précompte professionnel réduit de 15% continue aussi à être d’application.
Quid en cas de quarantaine ou de garde d’enfant ?
La procédure simplifiée de chômage temporaire pour force majeure corona pourra encore être utilisée jusqu’au 30 juin 2022 vis-à-vis des :
- travailleurs qui ne sont pas malades mais qui doivent rester à leur domicile en raison d’une quarantaine ;
- travailleurs qui doivent s’absenter du travail pour la garde d'un enfant, soit parce que l’enfant est en quarantaine, soit à la suite de la fermeture de la crèche, de l'école ou du centre d'accueil pour personnes handicapées, en raison d'une mesure visant à limiter la propagation du coronavirus.
Source : Instructions de l’ONEm (www.onem.be)
FLASH INFO
Madame, Monsieur,
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Travail étudiant premier trimestre 2022 : mesures liées au coronavirus
Afin qu’il soit à nouveau possible de recourir à des étudiants comme travailleurs supplémentaires pendant la crise sanitaire, les heures effectuées par un étudiant au cours du premier trimestre 2022 feront l’objet de mesures particulières.
Soins et enseignement
Pour les étudiants dans les secteurs des soins et de l’enseignement, une neutralisation complète des heures qu’un étudiant effectue, y compris les heures en tant que travailleur intérimaire chez les utilisateurs de ces secteurs, sera fournie au premier trimestre 2022. Ces heures ne sont pas comptabilisées pour le contingent de 475 heures en 2022.
Le secteur des soins fait référence aux secteurs suivant :
- CP 318 : services des aides familiales et aides seniors – catégorie d’employeurs 211 et 611 ;
- CP 319 : établissement et services d’éducation et d’hébergement – catégorie d’employeurs 062, 162, 462 et 962 ;
- CP 330 : établissement et services de santé – catégorie d’employeurs 025, 125, 311, 330, 422, 430, 511, 512, 522, 711, 722, 735, 812, 822, 830 et 911 ;
- CP 331: secteur flamand de l’aide sociale et des soins de santé – catégorie d’employeurs 122 et 322 ;
- CP 332: secteurs francophone et germanophone de l’aide sociale et des soins de santé – catégorie d’employeurs 022 et 222 ;
- les établissements et les centres privés et publics qui sont chargés de l’exploitation des centres de vaccination COVID-19, et ce pour toutes les activités qui sont liées à l’exploitation d’un centre de vaccination ;
- les établissements et les centres privés et publics qui sont chargés de la recherche des contacts dans le cadre du COVID-19 ;
- les établissements de soins publics avec certains codes NACE. Vous trouverez un aperçu sur le site web de l’ONSS.
Tous secteurs
Aussi, les 45 heures effectuées par un étudiant au cours du premier trimestre 2022 ne seront pas comptabilisées pour le contingent de 475 heures en 2022. Cette mesure s’applique à tous les étudiants, indépendamment du secteur d’emploi.
Les informations ci-dessus sont données sous réserve de publication au Moniteur belge. En outre, il faut encore prévoir l’adaptation de la règlementation fiscale.
Source : instructions administratives ONSS – 2022/1, www.socialsecurity.be
N’hésitez pas à prendre contact avec nos collaborateurs.
Cordialement,
L'équipe du SST Secrétariat Social
Quel impact du conflit en Ukraine sur le contrat de travail belge ?
La guerre en Ukraine est susceptible d’avoir des conséquences néfastes sur le fonctionnement des entreprises belges. Nous envisageons ci-dessous différents cas de figure qui pourraient se présenter en termes de suspension des relations de travail, sous réserve de décisions que les autorités vont peut-être prendre prochainement.
Chômage temporaire pour force majeure
Moyennant de préférence une demande d’avis préalable auprès de l’Office National de l’Emploi (ONEm), un employeur pourrait avoir recours au chômage temporaire pour force majeure, le conflit armé étant un évènement soudain et imprévisible, notamment :
- en cas de suspension de la livraison de matières premières en provenance des territoires en conflit ;
- en cas d’impossibilité d’exportation des produits/matériaux vers les zones de guerre ;
- etc.
Dans tous les cas de figure, l'exécution du contrat de travail doit être rendue temporairement impossible. Il est toutefois autorisé d’instaurer des roulements de personnel dans l’entreprise et/ou ou d’occuper certains travailleurs temporairement.
Il faudra notamment informer l’ONEm de :
- la nature de la force majeure (« « la guerre en Ukraine ») ;
- la raison du chômage temporaire (par exemple, « suspension des exportations vers l’Ukraine » ou « arrêt des importations de matières premières en provenance d'Ukraine »).
Si les conditions sont remplies, les travailleurs percevront en principe des allocations de chômage temporaire pour force majeure à charge de l’ONEm.
Chômage temporaire pour raisons économiques
Si la productivité de l’entreprise n’est qu’en partie affectée par le conflit armé en Ukraine (ex. diminution des commandes, du nombre de clients ou du chiffre d’affaires, ..), le chômage temporaire pour raisons économiques se prêtera plus à la situation.
Il s’agira alors de respecter les conditions et formalités spécifiques à cet égard, plus lourdes dans l’ensemble, qui figurent sur le site de l’ONEm et qui diffèrent selon que des ouvriers et/ou des employés sont concernés (notifications, dispositions sectorielles, ..).
Congés
Lorsqu’un travailleur d’une entreprise belge souhaite par ex. se rendre dans la zone de conflit pour venir en aide aux populations déplacée et/ou à des membres de sa famille, pour prendre les armes ou que, s’étant rendu en Ukraine, il est resté bloqué là-bas suite au commencement des hostilités ,… aucune indemnisation de la part de l’ONEm ne sera envisageable.
Par contre, dans pareils cas de figure, le travailleur et l’employeur pourront convenir de la prise de congés légaux, de congés sans solde, voire de congés pour raisons impérieuses.
N’hésitez pas à prendre contact avec nos collaborateurs.
Cordialement,
L'équipe du SST Secrétariat Social
Télétravail à partir du 7 mars 2022 ?
Depuis le 7 mars 2022 et les décisions prises au (tout) dernier comité de concertation, le télétravail n’est même plus « recommandé » dans les entreprises, associations et services.
Restent par contre, et jusqu’à nouvel ordre, d’application, les obligations relatives :
- aux mesures de prévention, destinées à garantir le respect des règles de distanciation sociale et un niveau de protection maximal ;
- au télétravail, qui doit continuer à être exécuté conformément aux conventions collectives de travail et aux accords existants. Le montant maximum du forfait accepté en tant que remboursement de frais non assujetti aux cotisations ONSS et au fisc, actuellement fixé à 134,71 EUR/mois devrait évoluer à la hausse à partir du 1er avril 2022.
Source : Arrêté royal du 5 mars 2022 modifiant l'arrêté royal du 28 octobre 2021 portant les mesures de police administrative nécessaires en vue de prévenir ou de limiter les conséquences pour la santé publique de la situation d'urgence épidémique déclarée concernant la pandémie de coronavirus Covid-19 (M.B. 5 mars 2022).
Bonus « CCT n°90 » : nouveaux montants 2022 et précisions relatives à certains objectifs !
Notion
Pour rappel, l’octroi d'un avantage non récurrent lié aux résultats (ou bonus « CCT n°90 ») permet à un employeur d'accorder à ses travailleurs un bonus salarial, traité socialement et fiscalement de façon avantageuse, lorsque des objectifs collectifs prédéfinis clairement (« balisables », transparents, mesurables et vérifiables) ont été atteints.
La réalisation des objectifs collectifs ne peut manifestement être certaine au moment de l’introduction du système d’avantages liés aux résultats. Le système du bonus est ainsi exclu pour des résultats déjà atteints ou des résultats atteints automatiquement.
Exemples :
- Objectifs financiers (ayant trait par ex. à l’augmentation du bénéfice ou du chiffre d’affaires, exprimé en pourcentage ou en un montant déterminé à atteindre)
- Objectifs concurrentiels (augmentation de la visibilité de l’entreprise via la participation à des foires, salons, sur les réseaux sociaux, etc.., augmentation du nombre de clients, diminution des notes de crédit,..)
- Objectifs organisationnels (diminution du nombre d’absence, si jumelé à un plan global de prévention sur 5 ans,..)
- Objectifs environnementaux (diminution de la consommation de sacs plastiques, augmentation du taux de recyclage,..)
Une nouvelle convention collective interprofessionnelle (CCT) n° 90/4, conclue le 22 février 2022, vient apporter des conditions précises quant à certains types d’objectifs envisageables par une entreprise. Nous les passons ci-dessous en revue.
Objectifs relatifs au bien-être
Les objectifs concernant le bien-être des travailleurs au travail (ex. en vue de réduire l’impact du burn out dans l’entreprise), en ce compris ceux concernant la réduction des accidents du travail ou du nombre de jours perdus suite à un accident du travail et ceux concernant la réduction du nombre de jours d'absence, ne peuvent être repris que si, pour la période de référence, l’employeur a bien rempli ses obligations en matière de bien-être au travail.
Concrètement, un plan de prévention doit notamment exister dans l’entreprise. L’employeur devra en attester sur l’honneur et transmettre au Greffe de la Direction générale Relations collectives de travail du Service public fédéral Emploi, Travail et Concertation sociale, le plan de prévention global et le plan d’action annuel en cours, en même temps que la CCT ou l’acte d’adhésion contenant le plan d’octroi du bonus salarial.
Les objectifs concernant la réduction du nombre de jours d'absence doivent en outre inclure les objectifs et actions prévus dans la convention collective de travail n° 72 du Conseil national du Travail concernant la gestion de la prévention du stress occasionné par le travail (notamment l'approche spécifique des risques de stress).
Objectifs relatifs à la mobilité
Dans un souci de cohérence, les objectifs en lien avec la mobilité ne seront dorénavant admis que lorsque des indemnités vélo sont octroyées aux travailleurs qui effectuent leurs déplacements domicile-travail à vélo. Une déclaration sur l’honneur en ce sens devra être effectuée par l’employeur.
Procédure
L’introduction du bonus salarial non récurrent nécessite une convention collective de travail (CCT) d’entreprise, reprenant certaines mentions obligatoires, dans les entreprises avec délégation syndicale. Dans les autres entreprises, un acte d’adhésion ou une CCT sont envisageables.
Quelle soit la formule, les objectifs collectifs retenus pour l’ensemble de l’entreprise, un groupe d’entreprises ou un groupe déterminé de travailleurs, doivent y être clairement définis, de même que les modalités d’octroi.
Le bonus salarial ne peut par ailleurs pas être octroyé en remplacement d’une rémunération, d’un avantage ou d’une prime existante. Le plan bonus ne pourra jamais rétroagir de plus d’un tiers de la période de référence prévue pour la réalisation des objectifs.
Le projet d’acte d’adhésion, accompagné du registre d’observation des travailleurs, doit parvenir au SPF Emploi (Direction régionale du Contrôle des Lois sociales), éventuellement de façon électronique. Le SPF opérera un contrôle de forme et un contrôle marginal axé sur le groupe-cible, les objectifs collectifs, l’absence de tout d’objectif individuel ainsi que les modalités de calcul de l’avantage.
Traitement social
Les avantages non récurrents sont soumis à une cotisation patronale spéciale de 33 % et à une cotisation de solidarité de 13,07 % due par le travailleur, jusqu’à un plafond de 3.558 EUR brut (montant en 2022).
Traitement fiscal
Le travailleur bénéficie d’une exonération fiscale intégrale à concurrence d'un plafond de 3.094 EUR en 2022. En d’autres termes, aucun précompte professionnel n’est dû sur cet avantage.
Tant la cotisation spéciale de sécurité sociale que le bonus salarial en tant que tel sont déductibles à 100 % à titre de frais professionnels.
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Source :Convention collective de travail interprofessionnelle n° 90/4 modifiant la convention collective de travail interprofessionnelle n° 90 du 20 décembre 2007 concernant les avantages non récurrents liés aux résultats
Plan pour l’emploi des travailleurs âgés (CCT n°104) : rappel des principes
Le 27 juin 2012, la convention collective de travail (CCT) interprofessionnelle n°104 relative à l’introduction d’un plan pour l’emploi des travailleurs âgés dans l’entreprise a été conclue au sein du Conseil National du Travail (CNT). Elle a pour objet de régler les conditions, procédures et modalités suivant lesquelles un plan pour l'emploi en vue de maintenir ou d'accroître le nombre de travailleurs de 45 ans et plus dans l'entreprise doit être établi.
Profitons du présent article pour en reparcourir les contours.
Champ d’application
La CCT impose aux entreprises de plus de 20 travailleurs d’élaborer un plan visant à favoriser l’emploi des travailleurs plus âgés.
Pour le calcul du nombre de travailleurs, il convient de tenir compte :
- du nombre d’équivalents temps plein dans l’entreprise, en fonction des Dimonas établies, le premier jour ouvrable de l’année civile de l’établissement du plan
- du nombre d’intérimaires équivalents temps pleins dans l’entreprise le même jour.
Ce nombre de travailleurs est fixé pour une durée de 4 ans et n’est donc, par définition, recalculé qu’à cet intervalle de temps. Le comptage pour les quatre prochaines années a eu lieu au 1er janvier 2021. L’employeur qui avait obtenu moins de 20 travailleurs à l’issue du comptage ne devait pas établir de plan pour l’emploi pour les 4 années qui suivent.
Contenu
L’employeur répondant aux conditions susmentionnées est tenu d’instaurer un plan de travail chaque année. Fort logiquement, il dispose de la possibilité d’établir un plan pour l’emploi comportant des mesures pluriannuelles.
Dans le plan, les entreprises sont tenues de prendre des mesures spécifiques pour l’emploi afin de maintenir ou d’accroître l’emploi pour les travailleurs de 45 ans et plus. Ces mesures adaptées à la situation de l'entreprise, en faveur du maintien ou de l'accroissement de l'emploi des travailleurs de 45 ans et plus, sélectionnées dans un ou plusieurs domaines d'action repris dans la CCT ou consistant en de nouvelles actions.
Le panel d’actions proposé par la CCT est composé de :
1° la sélection et l’engagement de nouveaux travailleurs ;
2° le développement des compétences et des qualifications des travailleurs, y compris l'accès aux formations ;
3° le développement de carrière et l'accompagnement de carrière au sein de l'entreprise ;
4° les possibilités d'obtenir via mutation interne une fonction adaptée à l'évolution des facultés et des compétences du travailleurs ;
5° les possibilités d'adapter le temps de travail et les conditions de travail ;
6° la santé du travailleur, la prévention et la possibilité de remédier aux obstacles physiques et psycho-sociaux entravant le maintien au travail ;
7° les systèmes de reconnaissance des compétences acquises.
Procédure
Avant d’approuver le plan pour l’emploi, l’employeur soumet le projet de plan aux organes compétents dans l’ordre suivant (à défaut d’existence) :
- le conseil d’entreprise
- la délégation syndicale
- le comité de prévention et de protection au travail (CPPT)
- les travailleurs de l’entreprise
Les représentants des travailleurs émettent un avis au plus tard dans les deux mois après la réception du plan pour l’emploi, dans lequel des propositions supplémentaires ou des alternatives sont émises.
Si l’employeur n’adapte pas son plan à la lumière de ce conseil, il devra justifier sa décision aux délégués du personnel qui ont fait les propositions. Cette explication ainsi que les propositions des délégués du personnel qui n’auront pas été prises en considération devront être ajoutées en annexe du plan pour l’emploi. Il informera l’organe compétent au plus tard dans les deux mois après réception de l’avis.
Dans les entreprises de plus de vingt travailleurs et de moins de cinquante travailleurs, dans lesquelles il n’y a pas de délégation syndicale, c’est l’employeur qui informe les travailleurs du plan pour l’emploi, sans préjudice des compétences légales des éventuels comités pour la prévention et la protection au travail.
A l’échéance du plan pour l’emploi, l’employeur informe le conseil d’entreprise (à défaut, la délégation syndicale, le CPPT ou les travailleurs) quant aux résultats des mesures qui ont été prises.
Lorsque dans le plan pour l’emploi, des mesures pluriannuelles sont prises, un rapport sur les avancées de celui-ci doit être établi et présenté chaque année au conseil d’entreprise (à défaut, à la délégation syndicale, ou CPPT ou aux travailleurs).
L’employeur conserve le plan pour l’emploi pendant 5 ans et le laisse à disposition.
Un modèle de plan est annexé à la CCT n°104.
Source : Convention collective de travail n°104 du 27 juin 2012 concernant la mise en œuvre d’un plan pour l’emploi des travailleurs âgés dans l’entreprise (M.B. 8 novembre 2012).
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